→ ART/MUSÉES

FRANCIS PICABIA

Un artiste plurivalent

DU 3 JUIN AU 25 SEPTEMBRE 2016

• KUNSTHAUS ZH



Heimplatz 1
CH-8001 Zurich
www.kunsthaus.ch


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 PICABIA EGOISME

Égoïsme, 1947/48- env. 1950 - Huile sur bois dans cadre original en bois, 186 x 126,1 x 7 cm, avec cadre - Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam

© 2016 ProLitteris, Zurich

 

 

 


Francis Picabia (1879-1953) a produit tout au long de sa vie, mais sans identité figée. Pour le critique Dave Hickey, il représente pour les artistes contemporains «un joker résonnant, plurivalent» dans sa multiplicité stylistique et stratégique. Et l'exposition du Kunsthaus, qui ira ensuite au Museum of Modern Art, à New-York, le présente en 12 phases, à chacun d'entre nous de choisir celles qu'il préfère.

Homme à femmes et à bolides, issu d'une famille aisée franco-cubaine, Francis Picabia est loin de l'image de l'artiste maudit. Nomade, il n'a cessé de se mouvoir entre les pays, les genres, les médias.

S'il n'était pas à Zurich au moment du lancement du mouvement dadaïste, il a créé des 1917, à Barcelone, la revue dadaïste 391. A souligner son goût de l'écrit qui le suit tout au long de sa vie. Il publie aphorismes, manifestes, essais... et l'exposition en montre une belle sélection, tout comme quelques lettres d'amour illustrées. Le titre lui-même de l'exposition en dit long: «Notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de direction».
Dès 1921, il quitte officiellement le mouvement dadaïste après des querelles internes. Pourtant le film de René Clair auquel il collabore en 1924, «Entracte», peut sans doute encore être qualifié de dadaïste. Ce petit bijou d'une vingtaine de minutes est projeté dans l'exposition. La musique est signée Eric Satie et on peut voir Marcel Duchamp jouer aux échecs avec Man Ray, ou encore un cercueil s'ouvrir pour laisser apparaître un personnage médaillé qui fait disparaître tous les autres. Humour, fantaisie, pirouettes et danse, ce petit film était projeté pendant la pause du ballet «Relâche», auquel il avait également collaboré.

Pour tout le reste et ses différentes phases de peinture, voir le site du Kunsthaus: ici.

A lire: le catalogue de l'exposition en français, vraiment très riche avec des contributions des meilleurs spécialistes actuels (368 pages, 65 francs): Cathérine Hug (avec des propos contemporains de Peter Fischli, Albert Oehlen, Rita Vitorelli et d'autres personnalités), Anne Umland, George Baker, Carole Boulbès, Masha Chlenova, Michele Cone, Briony Fer, Gordon Hughes, David Joselit, Jean-Jacques Lebel, Bernard Marcadé, Arnaud Pierre, Rachel Silveri, Juri Steiner, Adrian Sudhalter et Aurélie Verdier.

Cette dernière sera au Kunsthaus pour une conférence (en anglais), le 16 juin, à 19h.