→ CINÉMA

UN JUIF POUR L'EXEMPLE

En présence de Jacob Berger, Bruno Ganz, André Wilms  le 9 septembre

A PARTIR DU 15 SEPTEMBRE 2016

• EN SALLE



Avant-première le 9 septembre à Zh au cinéma Le Paris à 12h15.
Puis sortie sur les écrans suisses le 15 septembre.


→ LIRE L'ARTICLE SUR LE FESTIVAL DE LOCARNO DANS LES COUPS DE COEUR

un juif pour

 

 

 


«Un Juif pour l’exemple» (CH, 2016, 72’) a été présenté en préouverture au festival de Locarno cette année.
Le réalisateur Jacob Berger (on avait aimé «Une journée») adapte au cinéma le livre de Jacques Chessex.

L'HISTOIRE:
«1942, l'Europe est à feu et à sang. Mais nous sommes en Suisse, plus précisément à Payerne. C'est loin, la guerre, pense-t-on ici, c'est pour les autres, même si la frontière n'est qu'à quelques kilomètres. Dans ces campagnes reculées, la terre a le goût âcre du sang des cochons et des bestiaux à cornes, qu'on tue depuis des siècles. L'économie va mal. Usines et ateliers mécaniques disparaissent. La Banque de Payerne fait faillite. Des hommes aux mines patibulaires rôdent par routes et chemins. Les cafés sont pleins de râleurs. Parmi eux, Fernand Ischi, vantard, rusé, bien renseigné, a prêté serment, avec une vingtaine de Payernois, au Parti nazi. Il rêve d'attirer l'attention de la Légation d'Allemagne, et même – pourquoi pas? – d'Adolf Hitler lui-même. Dans leur ligne de mire : Arthur Bloch, 60 ans. Bernois, il exerce le métier de marchand de bétail. Il connaît bien tous les paysans et les bouchers de la région. Ce jeudi 16 avril, se tiendra la prochaine foire aux bestiaux de Payerne. C'est ce jour-là qu'Ischi et sa bande passeront à l'acte. C'est ce jour-là qu'un Juif sera tué pour l'exemple.

Soixante-sept ans plus tard, en 2009, quand l'écrivain suisse Jacques Chessex se souviendra de ces faits, c'est lui qui sera désigné comme l'ennemi à abattre.»

L'AVIS DE VALÉRIE
Le film relate un assassinat remontant à 1942 commis par des nazis suisses à Payerne, mais il est étrangement d’actualité. Il montre avec une douloureuse acuité l’emballement d’une poignée de minables aiguillonnés par un vrai détraqué, un violent fasciné par les armes, avide de pouvoir et de célébrité, lâche et hypocrite. En contrepoint de toute cette fange, bouleversant d’humanité, Bruno Ganz interprétant Arthur Bloch, sourire malicieux, voix douce, regard mélancolique.

Une scène d’équarrissage se répète vers la fin du film, s’imprimant durablement dans nos rétines qui n’ont rien vu de la seconde, mais tout de la première. Pour retrouver les coupables, une récompense est offerte. «1000 fr? C’est bien peu pour un homme» remarque un bistrotier.

L'AVIS DE SANDRINE
Jacob Berger a adapté le roman de Jacques Chessex. Bien sûr, il n'a pas tout montré, il a fait des choix. Il s'est demandé jusqu'où aller?
Ce qui ressort de tout cela, comme l'a souligé Bruno Ganz lors d'une projection publique, c'est l'absurdité de la situation. Un petit groupe pro-nazi de Payerne décide de passer à l'acte à l'occasion de l'anniversaire de Hitler: Un juif est tué pour l'exemple. Mais une fois le meurtre accompli, que faire du corps? Dépassés par la situation, cette poignée d'hommes un peu minables ne sait pas trop quoi faire. Ils le découpent comme on découpe un cochon...
Jacob Berger ne se contente pas de raconter l'histoire, il fait intervenir l'auteur. On voit les critiques qu'il a dû subir à la parution de l'ouvrage. Pourquoi agiter la boue? ont dit certains.
Ce qui est bien sûr intéressant, c'est tout le non-dit autour de cette période de l'histoire suisse. On pense à Georges Oltramare à Genève (découvert grâce au roman d'Yves Laplace, Plaine des héros), lui aussi, plutôt méconnu. Bref tout ce qui fait tâche dans l'image d'exemplarité de la Suisse devrait être gommé? Heureusement que des écrivains, des cinéastes sont là pour remettre en lumière ce qu'on a oublié, ce qu'on a préféré oublier ou dont on n'a pas eu connaissance.
Car finalement le danger est là, qui peut ressurgir. Mieux vaut y être attentif...


Le film sort sur les écrans le 15 septembre 2016.

Un dossier pour les classes est proposé par emedia.
Certaines scènes sont très violentes.