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PIERRE ASSOULINE

Georges Simenon, ses lectures, ses lecteurs, ses influences

DU 21 FÉVRIER AU 30 MAI 2018

• ETHZ



ETH Zürich
HG [2] E 33.1 [8]
Rämistrasse 101
8001 Zürich
http://www.francais.ethz.ch/fr

Le mercredi de 17h15 à 19h
Du 21 février au 30 mai 2018


 

 

 

 

Au semestre de printemps 2018, la Chaire accueille PIERRE ASSOULINE, écrivain français, blogueur, journaliste, essayiste et biographe. Ancien responsable du magazine Lire et membre du comité scientifique de la revue L’Histoire,
il est l’auteur de milliers d’articles et de chroniques radio, ainsi que de biographies très remarquées, dont celles consacrées à Gaston Gallimard et à Georges Simenon.

C’est précisément G. Simenon, romancier à succès et père du
célèbre commissaire Maigret, qui fera l’objet du cours donné par
Pierre Assouline: «Georges Simenon, ses lectures, ses lecteurs, ses héritiers: De l’influence littéraire»
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En savoir plus:
Tout écrivain est d’abord UN LECTEUR. Certains revendiquent l’empire exercé sur eux par de glorieux et d’obscurs prédécesseurs et n’hésitent pas à payer leurs dettes par des exercices d’admiration; d’autres à l’inverse le dissimulent
quand ils ne sont pas dans le déni, préférant s’attribuer l’origine exclusive de leur œuvre. Georges Simenon (1903-1989), l'un des romanciers les plus lus au monde, l'écrivain contemporain de
langue française le plus adapté à l’écran, une personnalité controversée, une vie turbulente, une fécondité exceptionnelle, est
un cas en histoire littéraire. Il a vécu sous le signe de l'excès, se rêvant le personnage principal du roman de sa vie, concevant très tôt un projet d'existence plutôt qu'un plan de carrière, en prévoyant chaque étape avec une lucidité effrayante. A sa mort, il n'était question que de chiffres, de records et de performances diverses. Comme si, de longue date déjà, l'écrivain s'était effacé derrière le phénomène alors que sa vie fut d’abord envahie par l'impératif de l'écriture et son œuvre, devancée par sa propre légende. Mais quelles furent ses influences littéraires et
en a-t-il exercé une?

Il a lu de manière compulsive au tout début (Balzac et les grands
russes Dostoïevski, Tolstoï, Gogol, Tchékhov etc) et à la toute fin de sa vie (des biographies et des traités de médecine); l’examen de sa bibliothèque est passionnant par ce qu’il révèle de lui. Pour autant, il n’a jamais été un écrivain sous
influence, malgré sa relation épistolaire, dense et suivie, avec
André Gide.

Son œuvre a eu des millions de LECTEURS à travers le monde depuis près d’un siècle et l’analyse de son courrier est édifiante: ses lecteurs les moins professionnels l’enrichissent par leur capacité d’analyse.

Enfin, ses HÉRITIERS.
Un certain nombre d’écrivains dans toutes les langues et tous les genres se présentent ou sont présentés comme simenoniens,
d’une part chez les romanciers (Patrick Modiano, Denis Tillinac,
Jacques-Pierre Amette, Yves Ravey...), d’autre part chez les auteurs de polars formés à la lecture des enquêtes du commissaire Maigret (Boileau-Narcejac, Alain Demouzon, Fred Vargas, Didier Daenninckx, Manuel Vasquez Montalban, Andrea Camilleri…)

Mais comment prendre la mesure de l’influence de celui qui ne se
voulait pas un maître et ne se connaissait pas de disciples?
(Pierre Assouline)