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MITSUBA

mitsuba

 

 


QUE VAUT LA PROMESSE À LA BELLE FACE AUX EXIGENCES DE L'ENTREPRISE?

Texte: Laurence Hainault Aggeler


SMITSUBA
Aki Shimazaki
ISBN : 2742764844
Éditeur : Actes Sud (03/01/2007)



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RÉSUMÉ:
Quand la compagnie d'import-export, Goshima de Tokyo, se propose d'affecter Takashi Aoki à sa succursale de Paris, le jeune employé arrive à un point tournant de sa vie: ne vient-il pas de rencontrer Yûko la femme avec laquelle il souhaite fonder une famille? Mais les lois silencieuses et impitoyables de sa société à l'intransigeance impériale peuvent écraser d'un doigt les relations humaines entre les êtres qui ne font pas partie des puissants. Qu'adviendra-t-il alors de la promesse des amoureux, faite au café Mitsuba?

DES ROMANS ÉPURÉS
La romancière écrit en français depuis son installation au Québec, intégrant simplement les termes japonais intraduisibles et indispensables à l'ambiance. Ses courts romans épurés sur la société japonaise, presque des nouvelles, s'assemblent pour former de grandes fresques, le héros du roman 1 étant un second rôle du roman 2, et ainsi de suite. Cette première lecture ne sera certainement pas la dernière, tant son univers séduit et intrigue.

ABSENCE DE SENTIMENT ÉRIGÉ EN VALEUR
Nous voici immergés dans le Japon des années 80, celui des grandes compagnies internationales où les shosha-men, les businessmen doivent travailler comme on pratiquerait une religion, celui aussi des mïaï, ces mariages arrangés d'un autre âge, celui enfin où la froideur, l'absence de sentiment et la retenue sont érigées en valeurs... On y suit le shosha-man amoureux, confronté à un dilemme aberrant entre sa belle et son entreprise. L'immersion est profondément dépaysante, parfois effrayante.

CRUAUTÉ, DÉLICATESSE, POÉSIE
Dans le monde de Takashi, la cruauté et l'injustice se dissimulent derrière le masque d'une courtoisie parfaite. Mais la délicatesse, la pudeur et la poésie existent aussi. Et surtout de petites perles d'humanisme grâce à deux ou trois personnages bons et généreux, comme Toda ou Nobu qui «suffisent à lui donner envie de travailler» déclare Takashi; ils suffisent surtout à garder espoir dans un univers  désincarné et moutonnier. LHA 6/10/2018