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VOYAGE ENTRE LES LANGUES

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Daniela Huwyler et ses élèves devant leur banc

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MON BANC, DEIN BANK, EUSI BÄNKLI!

Texte: Sandrine Charlot Zinsli


Entre mars et avril, une soixantaine de bancs sont recouverts de textes en plusieurs langues à Rapperswil-Jona. Cela fait partie du projet «Voyage entre les langues» développé par la Fondation Oertli à l'occasion de son 50 ème anniversaire. 

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Et bientôt notre article plus général...



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Au moment où à Rapperswil-Jona 60 bancs rouges sont en train de se couvrir de mots, de phrases, comme autant d'invitations aux voyages entre les langues, celui qui m'intéresse et que j'ai choisi se trouve dans une aire de jeux au bord du lac. C'est LE BANC d'un groupe d'élèves de secondaire de Daniela Huwyler qui enseigne à l'école Weiden (Oberstufe). Pendant plusieurs semaines, ses élèves ont réfléchi à des correspondances entre les langues, ils ont lu et traduit des chansons, ont cherché à évoquer le lac et ses couleurs changeantes, à leur façon. Une première fois, je les avais accompagnés à leur banc alors qu'ils allaient tester certaines de leurs phrases sur papier. Il faisait froid et il pleuvait. Nos mains étaient glacées et elles avaient du mal à tenir, et un guidon de vélo, et un stylo.

Hier, nous y sommes retournés et la pluie avait disparu. Nous n'étions pas seuls cette fois, deux calligraphes venus de Paris étaient également présents, avec leurs feutres, leurs éponges, et surtout: leur dextérité. Le grand moment était arrivé! A l'heure des derniers choix, que sélectionner, que couper, que mettre en valeur? Pour certains passages, le choix était évident: «Das Herz ne sieht pas toujours les beautiful things» ou bien «Ich versuchte mir zu sagen: Alles ist gut! Ich will nicht darüber nachdenken, ich möchte, dass du mich jetzt liebst!!!» Mais aussi en très grand ce mot magnifique «Arc en ciel» ou encore ce cri venu du cœur: «Regarde les couleurs!»

Fascinés par la précision des deux jeunes graphistes et pas peu fiers que leurs mots soient désormais fixés sur les lattes rouges, c'est avec regret que la dizaine d'élèves présents a repris son vélo pour retourner en cours. Ce banc, qu'on leur a offert comme un cadeau, est le banc d'une certaine liberté, celle de jouer avec les mots, de les marier, de les mixer, de les transformer en amis qui expriment ce qu'on a tout au fond de soi.  (SCZ 22/03/2017)

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Photos: SCZ