Jeudi 26 février 2026, 19h
Librairie 1002F
(mille et deux feuilles)
Glasmalergasse 6
8004 Zürich
www.1002f.ch
Lecture Bilingue /
Zweisprachige Lesung:
Avec Joséphine de Weck & Usama Al Shahmani
CHF 15 / CHF 7
Modération: Florence Schluchter-Robins de La Veilleuse
LA PETITE LUTTE DE JOSÉPHINE DE WECK
Si dans les premiers instants j’ai désiré sortir, c’est que je croyais pouvoir retourner d’où je venais. La peur de rater la rencontre de ma vie m’empêchait tout raisonnement rationnel. Chaque pore de ma peau cherchait ce contact – si délicieux et enivrant. A présent, les coudes posés sur l’accoudoir usé par tant de voyageuses, je n’ai jamais ressenti un tel creux. Comme si les organes se remplissaient d’un vide sans fond. N’est-ce pas admirable que, malgré la vitesse du train, rien ne bouge à l’intérieur?
Une femme se retrouve dans un compartiment de train en marche, sans souvenir précis de son embarquement, sans indice sur sa destination. Le paysage défile, indifférent à sa confusion. Ses sens et pensées s’entrelacent en un flot discontinu troublé par les autres passagères qui lui dévoilent les fragments de son histoire. Se dessinent alors les traits d’une relation d’emprise.
Le train devient alors une métaphore de son enfermement psychologique, de cette trajectoire qu’elle suit, passive, depuis trop longtemps. La prose, tissée d’observations et de non-dits, oscille entre lucidité douloureuse et échappées poétiques pour capturer les mouvements subtils d’une conscience qui s’éveille à sa propre captivité. Le voyage physique se transforme en traversée intérieure où chaque ralentissement devient une invitation à l’affranchissement.
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LES ARBRES ICI PARLENT AUSSI L'ARABE DE USAMA AL SHAHMANI
Das Buch In der Fremde sprechen die Bäume arabisch wird auch auf Deutsch gelesen.
Jeune homme, Usama a fui l’Irak pour la Suisse, où il se retrouve dans un centre d’asile en Thurgovie. En tant qu’étranger, ne maîtrisant pas la langue, sans travail ni argent il se sent perdu et désorienté. Il cherche à se construire une nouvelle vie sans pour autant perdre le lien avec son pays d’origine. En pleine procédure d’asile, il apprend que son frère Ali a disparu de Bagdad sans laisser de traces.
Dans son désespoir – face à l’éloignement de l’Irak et de sa famille là-bas, le narrateur se tourne vers la forêt, un lieu où il se sent accepté et libre. Un refuge, mais aussi un espace métaphorique dans lequel naît la littérature. Dans son premier roman, Usama Al Shahmani raconte le clivage entre deux mondes, les fragments d’une patrie et l’espoir d’une vie nouvelle avec une poésie extraordinaire qui transcende les frontières dans un plaidoyer pour la compassion envers l’ensemble du vivant.
Publié le 30 janvier 2026