→ LIVRES/IDÉES

LA PAROLE MANIPULÉE

la parole manipulee 1 280

la parole manipulee 2 280

la parole manipulee 3 280


POLITIQUE, MÉDIAS, PUBLICITÉS: TROIS DOMAINES OÙ LA PAROLE EST MANIPULÉE

Trois conférences de Laurence Hainault Aggeler


TROIS MARDIS SOIRS

QUAND? à 19H30. 

OU?
ETH Zürich
Rämistrasse 101
Salle HG F 26.3
CH-8001 Zürich

En collaboration avec l'Alliance française de Zurich 
Nous remercions la Chaire de culture et de langue française de l'ethz. 

La conférence du 21 mars s'inscrit dans le cadre de la SLFF 2017.

Inscriptions souhaitées:


→ PRINT

140521 aux Stempel 160x160px


MARDI 28 FÉVRIER 2017:
Les dérives du discours politique

Idéalement, le politique devrait exposer ce dont il est convaincu, en s’appuyant sur sa raison. Il devrait valider son opinion par une démonstration et des explications. Il devrait privilégier le convaincre, et limiter le persuasif qui fait appel aux émotions. Or, on a vu dernièrement que cette attitude ne semble plus très porteuse: le raisonnement élaboré cède la place à la simplification et donne la priorité au ressenti.
D’autres stratagèmes détournent l’attention des vrais sujets : la perte du respect de l’adversaire qu’on n’hésite plus à ridiculiser, l’utilisation de jargons incompréhensibles et d’euphémismes lénifiants, sans oublier l’adoption d’une rythmique incantatoire due à de trop nombreuses figures de style.
Cette évolution incontrôlée du discours mène tout droit au dérapage manipulatoire, lequel utilise des procédés précis: l’anticipation sur l’événement, le détournement des faits et la mise en scène de spectacles divertissants. Une véritable démagogie du discours se retrouve ainsi placée au rang de style convaincant.
Sans doute est-il temps pour les acteurs de redéfinir les règles de la communication politique, afin de pouvoir dénoncer les malversations. Sans doute est-il temps pour les citoyens d’apprendre à repérer les dérives afin de mieux s’en protéger. Faute de quoi, le risque est grand de voir se développer une parole manipulée de plus en plus triomphante.

MARDI 7 MARS 2017
Les pièges de l’information médiatique

Aujourd’hui l’information, transmise par les moyens de diffusion à grande échelle, doit répondre à la demande d’un vaste public, aussi avide de faits que de distractions. Les journalistes se livrent donc à des opérations permanentes de séduction et d’accroche.
En outre, ils sont soumis aux donneurs d’informations biaisées, au besoin d’audimat et aux pressions des industriels et des politiques, propriétaires des médias. Enfin, le rythme infernal imposé par les réseaux sociaux, qui diffusent n’importe quoi en temps réel, les oblige à écrire vite, sans vérifier, sans soigner la langue, et à sacrifier toute analyse. Ils se sentent piégés.
En effet, les critères retenus par les rédactions - actualité, exclusivité, peur et proximité et les procédés de persuasion qui en découlent – dramatisation, voyeurisme, anticipation sur l’événement font courir le risque de détourner les faits et de manipuler la pensée.
Les «fakes», ces rumeurs transformées en fausses nouvelles, se répandent sans difficulté. Voici le début de l'«ère de la post vérité», dans laquelle les faits objectifs ont moins d’importance que les appels aux opinions personnelles.
De nombreux journalistes s’alarment: les réseaux sociaux ne sont plus seulement des lieux d’échanges entre amis, mais bien des lieux d’information et de débat où tout circule directement, sans médiation et sans contrôle. Pourquoi Internet est-il dispensé de règles déontologiques?
Le défi majeur consisterait pourtant à réhabiliter la crédibilité de l’information, pierre angulaire du fonctionnement démocratique.

21 MARS 2017:
Les armes du langage publicitaire

La publicité utilise un langage qui s’appuie sur un ensemble de signes connus. Nous savons les décrypter, nous en connaissons le jeu et pourquoi, alors, ne pas accepter d’être séduits?

Mais une parole basée essentiellement sur les sentiments remplace de plus en plus le langage et met le consommateur sous hypnose. Grâce à une préparation méthodique, la publicité contemporaine utilise des armes psychologiques et cognitives pour mobiliser les affects, réveiller les émotions enfouies dans le subconscient, rendre un objet désirable même si l’on n’en a aucun besoin ni aucune envie au départ. Elle n’hésite plus à réorganiser, déformer, et dissimuler la réalité pour mieux assurer son emprise commerciale.

En outre, ces techniques de persuasion rodées et amplifiées grâce aux moyens médiatiques contemporains sont renforcées par les procédés du neuromarketing. Les récentes découvertes scientifiques et médicales permettent d’intervenir directement sur le cerveau et de  déclencher des réactions instinctives de dépendance à la consommation.
Selon Vance Packard, économiste et sociologue américain des années 60, la «Persuasion clandestine» de la publicité s’attaquait déjà à «une Société sans défense». La persuasion s’est transformée en manipulation et il semble impossible d’arrêter le processus. Par contre, apprendre à en reconnaître les méthodes devrait aider à mieux se défendre.