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PIERRE CHAPPUIS, POÈTE ROMAND

Photo Pierre Chappuis 1 280

 

 


LA POÉSIE DE PAYSAGE

Questions à Numa Vittoz, Université de Zurich


QUAND
Jeudi 23 mars à 14h.

OU:
Université de Zurich
Salle KOL - H- 317
Rämistrasse 71, Zurich
T +41 43 446 67 67
www.ROSE.uzh.ch

En savoir plus dans notre agenda: ici.
Proposé dans le cadre du Printemps de la poésie et de la SLFF 2017.

A lire par exemple: Pierre Chappuis, Dans la lumière sourde de ce jardin, Paris, José Corti, 2016.


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SCZ: Parlez-nous un petit peu de ce poète que vous invitez à Zurich... Pourquoi faut-il connaître Pierre Chappuis si on aime la langue et si on s'intéresse à la poésie?

NV: Pierre Chappuis est une légende chez les amateurs suisses de poésie. Poésie de paysage, de laquelle on ne peut que tomber amoureux, où le Romand voit aussi sa terre natale. Poésie humaine, évocations claires, où le monde dans lequel nous vivons surgit, dans un mystère nouveau mais que nous avons toujours su. Une pensée droite, également, que je rencontrai d'abord par hasard, au fil de recherches dans des correspondances poétiques perdues dans des archives, et dans laquelle j'ai trouvé dès les premières lignes des questions qui rejoignaient les miennes.
C'est une chance immense que de pouvoir inviter Pierre Chappuis à Zurich, et, pour ceux qui savent le français là où ne le parle pas, une introspection presque nécessaire que de venir se confronter aux questions de traduction de sa poésie.
Numa Vittoz, Université de Zurich

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Eléments biographiques:
«Né à Tavannes en 1930 (dans le Jura bernois, en Suisse), Pierre Chappuis fait des études universitaires à Genève avant de se consacrer à l’enseignement de la littérature française dans le canton de Neuchâtel où il vit. Depuis 1969, il a publié dix recueils, des notes réflexives et plusieurs ouvrages hors commerce en collaboration avec des peintres, ses compagnons de route. Mouvants, discontinus, rebelles à toute fixité, jetés au-dessus du silence et du vide, ses poèmes engagent le lecteur dans une aventure du regard et du langage, qui laisse hors-jeu le concept et le sujet et sollicite l’eau, les nuages, la neige, l’éboulis, l’instant, le souvenir, le rêve. La poésie, miroir de cette réalité fuyante et éclatée, se fragmente et se métamorphose : elle se veut cependant “élan vers un sens manquant”. Dans le suspens de ces poèmes, complexe et aérienne organisation de bribes, blancs, parenthèses, décalages, italiques, une cohérence affleure, à saisir au vol, perdue aussitôt que donnée, le temps de la lecture.

Le dynamisme du regard et l'invention formelle, la liberté de ses textes qui progressent en toute rigueur, sans hermétisme, de manière plutôt à engager la participation du lecteur, distinguent la démarche du poète.

La conscience de l'écart entre le réel et le langage, vécu et surmonté différemment de livre en livre, marque d'une empreinte profonde et visible la manière poétique de Pierre Chappuis, en cela héritier de Leiris, Pierre Reverdy et André du Bouchet.» Marion Graf, Journal de Genève, 14 mars 1992.