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THE OTHER SIDE OF HOPE

aki2Il dormait près des poubelles, ils en sont venus aux mains. Et puis, on lui a servi une soupe, car il avait faim.

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Dans le centre d'accueil des réfugiés, des amitiés se nouent. Khaled a fui la Syrie et Alep bombardé, il est à la recherche de sa sœur, Miriam. Son compagnon de chambre, vient lui d'Irak.

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Arrêt sur image. Chacune est somptueuse. Lumières et ombres...


LA MUSIQUE QUI ÉPONGE LES TRISTESSES

Texte: Sandrine Charlot Zinsli


The other side of hope
Un film de Aki Kaurismäki
Avec Sherwan Haji, Sakari Kuosmanen, Kati Outinen
FI 2017, 98 min

Berlinale 2017: Ours d'Argent: Meilleur réalisateur

A partir du 30 mars 2017 en salles.
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On retrouve dans ce film tout l'univers de Kaurismäki. Il y a la musique bien sûr qui réunit les cœurs et éponge les tristesses, la bonté des petites gens qui sauve de l'aveuglement administratif, les mots qui sont rares mais d'autant plus forts. Et ce qui est à nul autre pareil, c'est la lumière. Chaque image est une composition, c'est si beau, qu'on voudrait faire stop sur l'image pour entrer encore un peu plus sur le port ou au bar. Et rester en arrêt devant les loupiotes, les phares, les réverbères, les bouts de cigarettes, les néons.

HUMOUR DÉCALÉ
Parfois dans les décors, il y a aussi du Marthaler. Même si les vieilles machines à écrire côtoient les ordinateurs portables, c'est une histoire très actuelle. Cela se passe donc aujourd'hui avec des éléments esthétiques d'une autre époque.
Parfois dans les situations et le jeu des acteurs, on retrouve l'humour décalé de Jacques Tati, comme quand l'employé du restaurant nettoie la vitre qui sépare la cuisine de la salle à manger avant de passer le bras pour ouvrir la porte. Y-a-t-il une vitre ou pas? Rien n'est si simple...

C'est souvent «skurril», il faut se laisser porter. Et tout au long du voyage, on découvre des petits bouts d'humanité. Car comme le chauffeur de camion qui transporte la sœur de Khaled de Lituanie en Finlande le dit, pour un transport si précieux, il n'est pas question de se faire payer. C'est juste un acte humanitaire. Ou même humain.
(SCZ-03/04/2017)