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CENDRARS, DOSTOIEVSKI ET STEFAN ZWEIFEL

moravagine suite 280

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MORAVAGINE, UNE RÉPONSE À L'IDIOT...

 


Literatur Hoch Zwei — Blaise Cendrars et Fjodor Michailowitsch Dostojewski

Stefan Zweifel (Freier Redestrom/Flux verbal et jaillissant), Thomas Sarbacher (Lecture) et Julian Sartorius (Percussion)


Le mardi 9 mai, à 20h au Miller's studio.


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«Moravagine» de Cendrars à la rencontre de «l'Idiot» de Dostoieiski...  (auf D)

Stefan Zweifel convie une fois de plus à une expérience originale et sensorielle alliant flux verbal jaillissant, percussions percutantes, et force brute des textes.

Pour Stefan Zweifel, Blaise Cendrars n'a cessé de relire «l'idiot» de Dostoievski. «Moravagine» en est la réponse, comme un écho gigantesque qui résonne jusqu'à aujourd'hui, déflagration puissante. Son personnage a la rage, il détruit, il terrorise. Sorti d'une clinique psychiatrique bernoise, son voyage le mène vers la révolution russe de 1905, puis sur un bateau vers New-York et encore plus à l'ouest, vers l'or et les indiens jivaros de l'Orinoque pour revenir à Paris... Cela se termine le 17 février 1917, l'histoire a duré 17 ans et conduit aux confins de la folie... et de la poésie.

Ce qu'on en pense:

«Y-a-t-il plus de plaisir à plaire, à convaincre ou à provoquer?
-A provoquer!» Cendrars n'hésite pas dans sa réponse, il a alors 63 ans, c'est en 1950. «Moravagine» - mort aux vagins - est peut-être né de ce besoin de provocation. Mais sans doute plus encore d'un fantastique désir d'exploration, qu'il s'agisse de la langue ou de l'âme humaine.
C'est sur un questionnaire que s'ouvre la soirée «Literatur Hoch Zwei» au Miller studio ce mardi 9 mai. Thomas Sarbach se coule dans la voix de l'auteur ou plutôt des auteurs, Cendrars et Dostoievski, puisque de façon chronologique, on commence par suivre les personnages de «l'idiot» pour retrouver ensuite le drôle de couple de Moravagine.

Le concept est clair: on est d'abord confrontés à la force des textes. Ensuite vient leur mise en perspective par Stefan Zweifel, qui à sa manière un peu illuminée et très inspirée, en explique la filiation, en donne quelques clefs. Enfin, les percussions de Julian Sartorius sont là pour souligner, accentuer. Cela fonctionne, mais c'est peut-être un peu sec. On aurait aimé un peu plus de dialogue entre la musique et les textes, un peu plus de sursauts, de silences aussi.
Le coeur de la soirée est sans nul doute la prestation de Stefan Zweifel qui parvient à nous transporter dans l'ombre des auteurs et de leurs personnages, comme un échos à nos propres zones grises, et à en tirer un peu de lumière, si ce n'est d'illuminations. (SCZ-10/05/2017)