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RETOUR À MONTAUK

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Parfois, il faut un week-end au bord de la mer pour s'occuper des fantômes...

return to montauk lobby 5 93x3 95cm 300dpi 6497 Clara et Max à New-York. La compagne actuelle de Max a préparé la venue de l'écrivain.

return to montauk lobby 5 93x3 95cm 300dpi 6495Clara et Max sont invités chez Walter, richissime ami de l'auteur. Ami, vraiment?
Clara - beau personnage -  qui, au lieu de se déclarer jalouse, fait une déclaration d'amour...
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Rebecca (Nina Hoss) et Max (Stellan Skarsgard) de retour à Montauk, 17 ans plus tard.


UNE LONGUE ÎLE INTRANQUILLE...

Texte: Marie-Anne Wyss


Montauk, un livre de Max Frisch, sorti en 1975

Retour à Montauk, un film de Volker Schlöndorff, 2017, 105' (en anglais, sous-titres en allemand et en français)

A partir de 16 ans

Avec:
Nina Hoss (Rebecca)
Susanne Wolff (Clara)
Stellan Skarsgärd (Max Zorn)
Niels Arestrup (Walter)

Le film sort sur les écrans alémaniques le 22 juin 2017. Il sera présenté auparavant, du 16 au 21 juin au Lunchkino, à Zurich. Le 20, en présence du réalisateur.


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A CENT MILES DE MANHATTAN
Montauk, c'est un peu comme la pointe du Finistère en Bretagne. C'est le bout des terres à Long Island qui est le plus au nord et qui avance sur l'Océan atlantique. Un  des plus vieux phares d'Amérique garde la côte, et les vagues viennent se jeter en claquant sur les dunes de sable ou les plages de graviers. Cela semble au bout du monde, mais c'est à 100 miles de Manhattan. En 1975, Max Frisch sort un essai autobiographique qu'il titre de ce mot indien, Montauk. De façon très intime, il se retourne sur sa vie, il a alors 64 ans, et se livre par bribes «sans avoir à créer des personnages, ni devoir justifier son activité par la responsabilité sociale de l'écrivain dans la cité, sans message, en essayant simplement de ne pas se trahir». 

Le réalisateur Volker Schlöndorff connaît bien l'œuvre de Max Frisch, il a adapté «Homo Faber» en 1991. Il lui dédie aujourd'hui son dernier film «Retour à Montauk». Mais s'il reprend la figure de l'écrivain connu et vieillissant qui se retourne sur son passé avec ses blessures et ses regrets, le scénario qu'il a co-écrit avec Colm Toibin, est assez éloigné de l'essai de Frisch.

DEUX FEMMES
Max Zorn (rien à voir avec l'auteur de «Mars») revient aux Etats-Unis pour une série de lectures de son dernier roman, dans lequel il est question d'un amour raté, «celui qu'on ne vit qu'une fois et dont on ne guérit jamais tout à fait». Sa compagne actuelle, Clara (Susanne Wolff), l'a précédé et a aidé à organiser le séjour. A New-York, il tombe par hasard sur une vieille connaissance, Walter (le W. du livre de Frisch a trouvé un prénom et est devenu français), collectionneur un peu trouble, interprété par Niels Arestrup. Par l'intermédiaire de celui-ci, il retrouve les traces de cet ancien grand amour, Rebecca (Nina Hoss). Devenue Madame Eppstein, celle-ci travaille dans un cabinet d'avocats réputé et n'est pas tout de suite prête à revoir celui dont elle n'a pas eu de nouvelles depuis 17 ans.

UN WEEK-END AVEC DES FANTÔMES
Finalement, elle aussi reste hantée par les souvenirs, et c'est sans doute pour cela qu'elle lui propose de partir à Montauk avec elle. Peut-être pensent-ils tous deux qu'il est  possible de ratrapper ce qui s'est mal passé jadis. Mais les fantômes rôdent et les incompréhensions sont tenaces.
 
Les décors sont magnfiques - New-York, la Côte - c'est presque trop beau. Les personnages parlent beaucoup, il manque des silences, de l'épaisseur. Tout est un peu trop lisse et expliqué. Pas un instant, on oublie qu'on est dans un film.
Car la vie est une longue île intranquille, balayée par des vagues de regrets certes, mais surtout inondée par des émotions souvent indicibles. 
(M.-A.W. -  01/06/2017)