→ ART/MUSÉES

LEE MILLER

lee affichejonone1 280
Lee Miller, Floating head, Mary Taylor, New York, 1933, © Lee Miller Archives England10 Lee MillerLee Miller, The Lead evening dress, Londres, 1941, © Lee Miller Archives England 202005 Lee MillerLee Miller, Nu penché en avant [supposé être Noma Rathner], Paris, 1930, © Lee Miller Archives England 2020. lee miller 2500x1280 2500x1280Lee Miller, Remington Silent, Londres 1940
© Lee Miller Archives England 2020. 06 Lee Miller Picasso et Lee Miller dans son studio, Paris, 1944, © Lee Miller Archives Eng-land 2020.

 


UNE PHOTOGRAPHE ENTRE GUERRE ET GLAMOUR

Texte: Laurence Hainault Aggeler


L'exposition du Museum für Gestaltung dure jusqu'au 3 janvier 2021

Le site du Musée

Sur Arte TV :
L'amour à l'œuvre, Lee Miller et Man Ray
Lee Miller - Mannequin et photographe de guerre


→ PRINT


UNE FEMME SI BELLE!
Pureté des traits, magnétisme du regard, élégance des attitudes, galbe parfait des jambes fuselées, sourire mystérieux sur un profil noble, tout confine à la perfection. À 19 ans, Elisabeth Miller incarne l’image de la femme moderne dans le magazine «Vogue». De cette époque aux clichés glamour, elle gardera un sens de la gestuelle et des jeux de lumière, une recherche de l’angle qui surprend, de l’ellipse qui magnifie, de l’envol.

DU SURRÉALISME AU REPORTAGE DE GUERRE
Dans l’atelier de Man Ray à Paris, Élisabeth passe derrière l’appareil, s’émancipe et dans les années 30, elle devient Lee. La rencontre avec les surréalistes lui enseigne l’interprétation provocatrice, la mise en scène du détail crucial, le cadrage inhabituel. Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, Lee Miller vit à Londres et photographie les bombardements. En 1942, elle devient la photographe officielle de guerre de l’armée américaine, première femme à réaliser des reportages photo sur le front puis à l’ouverture des camps de concentration. Sa personnalité engagée s’affirme, son expression se durcit, mais elle continue à saisir l’émotion.

UN COMBAT CONTRE LA BARBARIE
Avec une acuité féroce, Lee Miller nous livre le regard épouvanté du gardien SS battu par les détenus. Le nez tuméfié, en position humiliante, le bourreau aurait-il peur de lui-même plus que de ses prochaines épreuves? L’horreur est également symbolisée. Le cliché de cette statue grecque écrasée, visage aux yeux vides, pavé sur la poitrine, bras broyés dans les gravats montre qu’une civilisation est annihilée.

LA BANALITÉ DU BONHEUR
Puis la vie reprend, Lee Miller revient dans Paris libéré et capte l’ambiance de la fête renaissante. Dans sa nouvelle propriété de Farley Farm, elle reçoit sa famille et ses amis. Le bonheur étale sa banalité touchante et en 1950 Lee Miller range définitivement son matériel dans le grenier de sa ferme.

QUEL CHEMIN PARCOURU !
Son goût de la séduction, son audace, son réalisme, sa poésie font de Lee Miller une des photographes les plus remarquables du XXe siècle.


A lire: le feuillet informatif proposé en français à l’entrée. Vous y découvrirez les détails de son existence et de ses techniques, le format de ses appareils et le succès de son trajet professionnel et amoureux.

A voir: le film projeté dans la dernière salle. Après avoir subi le choc esthétique, vous aurez sans doute envie de mieux connaître Lee Miller.

L.H.A 10/2020